Rencontres littéraires :

Débats :

Rencontres littéraires
euroméditerranéennes

« La Méditerranée toujours recommencée »

Lieu Unique (Atelier n° 1 et Foyer haut) – Nantes
Entrée libre
Débats
Librairie
Films
Calligraphie
Musique
Bar
www.lelieuunique.com

 

La Méditerranée reste ce qu’elle est : un état de choses et non pas un projet. Une vaste zone où une identité de l’être, vigoureuse et enracinée, se voit privée d’une identité du faire adéquate. Où la rétrospective l’emporte sur la perspective ; où le passé ne cesse de peser sur le présent. Il faut se libérer également de certaines idées qui pêchent par un excès de générosité ou d’utopie : de celles, par exemple, qui invoquent le simulacre d’une culture méditerranéenne homogène ou intégrative. Elle n’existe pas et ne peut prétendre qu’à un peu de spécificité. Il y a plusieurs cultures au sein d’une Méditerranée unique. Elles sont caractérisées par des traits à la fois semblables et différents, rarement unis et jamais identiques. Leurs similitudes sont dues à la proximité d’une mer commune et à la rencontre, sur les bords, de nations et de formes d’expressions voisines. Leurs différences sont marquées par des faits d’origine et d’histoire, de croyance et de coutume, parfois irréconciliables. Ni les similitudes, ni les différences n’y sont absolues ou constantes. Ce sont tantôt les premières, tantôt les dernières, qui l’emportent. Le reste est mythologie.
Predrag Matvejevitch
In Qantara, Magazine des cultures arabe et méditerranéenne, automne 1998.

 

Jeudi 23 avril 2009
18 h

Inauguration de la manifestation (Atelier n° 1)
et ouverture de la librairie euroméditerranéenne (Foyer haut)

18 h 30 à 20 h

L’Euroméditerranée : Une promesse… ? (Atelier n° 1)

Gérard Meudal (Modérateur)
Journaliste au Monde des Livres

Francesco De Filippo
Né à Naples en 1960, est journaliste à l’agence ANSA et vit à Rome. Il vient de publier en Italie un autre livre, très remarqué, qui raconte la vie quotidienne dans les quartiers populaires soumis au pouvoir de la Camorra.

Le Naufrageur, trad. Serge Quadruppani, Métailié, 2007.

Boualem Sansal
Né en 1949, vit à Boumerdès dans les environs d’Alger. Son amitié avec l’écrivain Rachid Mimouni, disparu depuis, l’incite à écrire. Dans un romanesque volontiers luxuriant, il lance, tour à tour, un inspecteur de police (Le Serment des barbares), deux prisonniers en attente de leur exécution (L’Enfant fou de l’arbre creux) ou un duo inattendu de femmes (Harraga) comme autant de témoins critiques de l’histoire récente de l’Algérie et de la société contemporaine. Son dernier roman, Le Village de l’Allemand, paru en 2008, raconte la Shoah au public arabe et a provoqué des réactions violentes dans les pays musulmans.

Le Village de l’Allemand ou Le journal des frères Schiller, Gallimard, 2008
Petit éloge de la mémoire. Quatre mille et une années de nostalgie, Gallimard 2007 et Folio, 2007
Poste restante : Alger, Lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, Gallimard, 2006 et Folio, 2008
Le Serment des barbares, Gallimard, 1999 et Folio, 2001.
Harraga, Gallimard, 2005 et Folio, 2007
Dis-moi le paradis, Gallimard, 2003
L’Enfant fou de l’arbre creux, Gallimard, 2000 et Folio, 2002
Le Serment des barbares, Gallimard, 1999 et Folio, 2001

Habib Selmi
Né à Kairouan en Tunisie en 1951 est agrégé d’arabe et travaille à Paris depuis 1983. Il a publié sept romans et deux recueils de nouvelles qui l’ont placé parmi les meilleurs écrivains tunisiens.

La Nuit de l’étranger, trad. Evelyne Larguèche & Françoise Neyrod, Actes Sud, 2008
Les Amoureux de Bayya, trad. Yves Gonzalez-Guijano, Actes Sud/Sindbad, 2003
Le Mont-des-Chèvres, trad. Yasmine Khlat, Actes Sud/Sindbad, 1999

20 h

Ouverture du bar euroméditerranéen et dégustation (Foyer haut)
Raki, Ouzo, Retsina, thé, loukoums …

20 h 30 à 22 h

Édition, censure et litterature en Euroméditerranée (Atelier n°1)

Ali El Kenz (modérateur)
Professeur de sociologie à l’université de Nantes et Conseiller scientifique de l’IEA (Institut d’Études Avancées)

Bichr Bennani responsable des éditions Tarik, Casablanca
Farouk Mardam-Bey directeur des éditions Sindbad (Actes Sud),Paris

Un hommage à l’écrivain marocain Mohamed Leftah, mort en juillet 2008, sera prononcé à cette occasion.

Vendredi 24 avril 2009
14 h 30 à 16 h

Tour, détour, retour en Méditerranée (Atelier N°1)

Philippe Dossal (modérateur)
Journaliste, libraire, écrivain

Michel Agier
Né en 1953, anthropologue, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Il a coordonné un vaste programme de recherches, Asile, portant sur les réfugiés, les sinistrés et les clandestins dans le monde. Il est membre du conseil d’administration de Médecins Sans Frontières depuis 2004 et membre du comité de pilotage du réseau scientifique TERRA (Travaux, études et recherches sur les réfugiés et l’asile, http://terra.rezo.net)

Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire, Flammarion, 2008
La Sagesse de l’ethnologue, L’oeil neuf, 2004
Aux bords du monde, les réfugiés, Flammarion, 2002



Hoda Barakat
Née au Liban en 1952, s’est lancée dans l’écriture à l’âge de 33 ans, avec un recueil de nouvelles Les Visiteuses. Elle a depuis publié de nombreux romans, dont La Pierre du Rire en 1990, Les Illuminés en 1993, et Le Laboureur des eaux, en 1998, qui lui ont valu de nombreux prix littéraires (notamment le prix Naguib Mahfouz pour Le Laboureur des eaux) mais surtout une large renommée qui dépasse la sphère littéraire, que ce soit en Occident ou dans le monde arabe. Ses romans accordent une place centrale à un paysage libanais révolu, à la guerre civile, et mettent en scène des personnages déchirés dans une quête identitaire.

 

Mon maître, mon amour, trad. Edwige Lambert, Actes Sud/Sindbad, 2007
Le Laboureur des eaux, trad. Frédéric Lagrange, Actes Sud/Sindbad, 2001 et Babel, 2003
Les Illuminés, trad. François Zabbal, Actes Sud/Sindbad, 1999 et Babel, 2007
La Pierre du rire, trad. Nadine Acoury, Actes Sud/Sindbad, 1996 et Babel, 2008

Habib Selmi
Ecrivain (Tunisie)

« Bien qu’il soit pour le romancier un sujet de prédilection, le problème de l’émigration en général est avant tout une marginalité sociologique importante. Certes, Habib Selmi n’est pas un sociologue. De l’exil, il n’explore dans La Nuit de l’étranger ni les dangers ni les sources d’enrichissement. Mais l’expérience est là. Habib Selmi sait de quoi il parle. Et comme, en outre, l’exil n’est pas indicible en littérature, au lecteur donc de deviner, à travers ces trajectoires de vies spécifiques, cette ambivalence des personnages et ces arrêts sur images, les signes de l’intégration ou, au contraire, de l’acculturation. »
Rafik Darragi

 
16 h 30

Projection film (Atelier n° 1) et intermède musical (Foyer haut)

18 h 30 à 20 h

Littérature et oppression (Atelier n° 1)

Gérard Meudal (modérateur)
Journaliste au Monde des Livres

Hoda Barakat
Ecrivain (Liban)
Pro Asile : Qu’est-ce qui vous a décidé à quitter le Liban ?
Hoda Barakat : C’était un saut dans le vide. J’ai quitté le Liban d’abord parce que j’avais peur. Non pas parce que j’étais visée personnellement : je n’ai jamais eu de fatwa prononcée contre moi, aucune menace ciblée, personne ne m’a contrainte à partir. Je ne suis donc pas une Arabe rescapée. Mais vivre au Liban devenait extrêmement risqué en raison des bombardements. La dernière vision que j’ai de ce pays que j’ai fini par détester, ce sont des voitures carbonisées avec des cadavres. […] Mon pays n’était plus mon pays, et ce que j’ai quitté était un endroit où je n’avais plus ma place.
Extrait d’une interview de Carmen Duarte et Sihem Djebbi pour Pro Asile

Velibor Colic
Né en 1964 à Ozdak (Bosnie), petite ville de l’ex-Yougoslavie aujourd’hui disparue où il perdra sa maison et ses manuscrits réduits en cendres pendant la guerre, Velibor Colic déserte l’armée croato-bosniaque en 1992, est fait prisonnier, s’échappe d’un camp et se réfugie en France. Il sera accueilli à Strasbourg par le Parlement international des écrivains où il résidera pendant un an avant de venir s’installer en Bretagne où il vit désormais. Son premier livre, Les Bosniaques, nous livre une succession de témoignages sur la guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie. Ces très courts textes, presque des épitaphes, déploient sur le ton du constat tout le tragique et l’absurde de ces conflits. Cet ouvrage est l’un des plus importants et des plus justes sur un drame qui s’est fait interroger l’Europe entière.


 

Archanges, roman a capella, Gaïa, 2008
La Vie fantasmagoriquement brève et étrange d’Amadeo Modigliani, trad. Mireille Robin, Le Serpent à Plumes, 1995, rééd. Motifs, 2005
Perdido, trad. Mireille Robin, Le Serpent à Plumes, 2005
Encres nomades (avec Marie Desplechin), La Nuit Myrtide, 2002
Mother funker, trad. Mireille Robin, Le Serpent à Plumes, coll. Le serpent Noir, 2001
Chroniques des oubliés : Bosnie 1992-1993, trad. Mireille Robin, La Digitale, 1995, rééd ; Le Serpent à Plumes, coll. Motifs, 2005
Les Bosniaques, trad. Mireille Robin, Galilée, 1993, rééd. Le Serpent à Plumes, coll. Motifs, 2000

Francesco De Filippo
Ecrivain (Italie)

À propos du Naufrageur, Métailié, 2007 « Y a-t-il une différence entre les esclaves d’Afrique conduits enchaînés aux États-Unis et ceux qui arrivent en Europe poussés par la faim ? », se demande De Filippo. Pour l’écrivain et journaliste, les abus sexuel et culturel vont de pair. L’Italie, dont des millions d’émigrés ont essaimé de par le monde, veut oublier ses miséreux. Elle regarde de haut ces crève-la-faim qui arrivent en navires épave.
Franck Manonni, Le Matricule des anges
 

Dominique Sigaud
Née en 1959 à Paris, a été journaliste indépendante pour Le Nouvel Observateur, Télérama, La Vie ainsi que pour des revues belges et suisses. Elle a parcouru de nombreux pays sous tension et couvert de nombreux conflits dans le monde arabe, l’Afrique, le Liban, l’Algérie, le Rwanda, le Soudan… Ses romans s’inspirent de ses expériences et elle y décrit la violence du métier de reporter, l’absurdité de la guerre, l’incompréhension entre les hommes.

La Corpulence du monde, Le Seuil, 2008
L’Inconfort des ordures, Actes Sud/Babel noir, 2007
Aimé, Actes Sud, 2005
The dark side of the moon, Actes Sud, 2004
De chape et de plomb, Gallimard, 2003 et Folio, 2004
Les Innocents, Gallimard, 2000
Blue moon, Gallimard, 1998 et Folio, 2000
La Vie, là-bas, comme le cours de l’oued, Gallimard, 1997
L’Hypothèse du désert, Gallimard, 1996
La Fracture algérienne, Calmann-Lévy, 1984

20 h 30 à 21 h 30

Boualem Sansal
Entretien avec Gérard Meudal, journaliste au Monde des Livres (Atelier n° 1)

Interrogé à propos du Village de l’Allemand, Gallimard, 2008 : La Liberté : « Deux thèmes constituent le coeur de votre réflexion : nazisme et fanatisme islamique. En quoi sont-ils liés ? » « Tous les fascismes se ressemblent. L’habit peut changer, le nom aussi, le fond reste le même. L’islamisme est un fascisme, totalitaire, belliqueux, sectaire, tout comme l’a été le nazisme. Si différence il y a, elle est dans les moyens, le nazisme avait sous la main la formidable puissance militaire et industrielle de l’Allemagne, alors que pour le moment l’islamisme en est au stade artisanal. » Interview de Sid Ahmed Hammouche pour le journal La Liberté, 13.03.2008

Partenaires médias
Ouest France, Télénantes, Eur@dioNantes

Tous nos remerciements à
Éditions Actes Sud, Flammarion, Gaïa, Gallimard, Grasset, Métailié, Le Serpent à Plume, Sindbad, Le Centre Interculturel de Documention à Nantes, Alexia Huteau et Paul Virilio

Création de l'ambiance lumineuse : Valérie Menuet

La librairie Vent d’Ouest au lieu unique, Nantes